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Résumé
La réforme en cours du système
français de recherche et d’innovation (SFRI)
s’inscrit dans un processus de transformation des institutions
publiques en général, qui a débuté
il y a plus de deux décennies, dans la perspective
de sa modernisation. La crise financière actuelle nous
conduit en outre sur des trajectoires et dans des zones encore
plus incertaines que ce que nous pouvions imaginer il y a
peu.
C’est à l’aune de ces changements profonds
du contexte mondial, de ses règles du jeu et des modes
de production de la connaissance que les défis de la
transformation de la recherche française, qui ont fait
l’objet du colloque Aspert’08, doivent être
appréhendés. Le contrat entre la science et
la société est en train de se redéfinir,
avec des ambitions nouvelles en matière de recherche
et d’innovation pour relever les défis mondiaux
qui se présentent.
Au cours du colloque, deux lectures différentes
des évolutions actuelles ont été proposées.
- La première lecture met en avant l’incertitude
et l’illisibilité de la situation présente,
avec son lot d’inquiétudes, tant au regard des
effets des changements possibles qu’à celui d’un
éventuel statu quo qui résulterait d’un
échec des réformes. La complexification du système,
la compétition entre les Etats, les institutions, les
entreprises, les laboratoires et les individus, font craindre
une perte d’efficience du système et une prégnance
du court terme, notamment à cause de l’absence
de référentiels partagés et d’une
grande dispersion des acteurs. C’est une lecture où
dominent tensions et inquiétudes.
- La seconde lecture qui s’est faite
jour durant le colloque donne, quant à elle, des raisons
d’espérer. Selon cette lecture, en effet, on
assisterait à une recomposition du système avec
une implication forte des acteurs, qui se saisiraient de nouveaux
espaces d’action pour entrer dans des processus d’apprentissage
permettant de répondre à de nouvelles exigences,
notamment la quête d’une plus grande efficacité,
d’une nécessaire transparence et d’une
clarification du rôle des divers acteurs. Cet état
d’esprit est celui d’un changement construit et
non subi.
Les réformes lancées en 2006
se traduisent par la montée en puissance des financements
publics compétitifs (financements sur projet), par
le renforcement du rôle des universités, par
des pratiques systématiques de mesure de l’efficacité
de la dépense et d’évaluation des résultats
et des coûts. La démarche de rationalisation
de l’administration vers une décentralisation
et une territorialisation du management en sont des conséquences
naturelles.
En conclusion, pour que le pari de la réforme soit
gagnant, il est apparu que les pouvoirs publics devraient
faire confiance a priori aux acteurs, aux différents
niveaux. Il est également apparu que les conditions
du succès de la conduite de ces changements passaient
par une approche incrémentale fondée sur l’apprentissage
des acteurs et nécessitant l’expérimentation
de différentes étapes intermédiaires
jalonnées de petits pas irréversibles dans une
trajectoire longue.
Mais, avancer dans de telles perspectives
requiert de :
• construire soigneusement nos procédures délibératives
aux différents niveaux, celui des opérateurs
qui produisent de la connaissance, celui des agences qui font
de la programmation, celui de l’échelon politique
aux niveaux régional, gouvernemental et européen
;
• professionnaliser les fonctions managériales
avec le souci de promouvoir créativité, flexibilité,
responsabilité, sens du collectif, rapidité
de prise de décision, échanges de bonnes pratiques
;
• développer une capacité de réflexion
stratégique par l’élaboration de projets
partagés entre des acteurs différents pour construire
une vision commune.
C’est à ce prix que la politique
nationale et son articulation à la politique européenne
(de construction d’un Espace européen de la recherche)
auront la force et la cohérence nécessaires
pour répondre aux nouveaux défis scientifiques
et sociétaux.
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la synthèse d’ASPERT
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le texte des Actes du colloque Aspert’08
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